Ceux qui ont testé Fedora 9 ou 10 ont du avoir une petite surprise à l'arrivée. En effet le gestionnaire de paquet est PackageKit qui remplace le couple Pup et Pirut qui étaient bogués et relativement peu puissants face à la concurrence. Ceci dit, tous les Fedoristas vous le diront, Yumex était le gestionnaire de paquet graphique qui exploitait le mieux Yum sans doute depuis un bon paquet d'années. Ce tout en 1 de Yum commence peu à peu à se faire battre par PackageKit qui ne cesse de nous surprendre à chaque version.

PackageKit c'est quoi ?

PackageKit est un projet de Freedesktop.org, et qui ne cesse de trouver des projets pour unifier GNU/Linux et empêcher que la diversité devienne nuisible au Logiciel Libre dans son ensemble en améliorant la compatibilité et une certaine unicité à bas niveau. Par exemple on peut citer Gstreamer pour le multimédia, HAL et D-bus pour le matériel, Nouveau pour le pilote libre de nVidia, Telepathy pour la messagerie instantanée, X.Org ou encore SWFdec pour le Flash libre. Car on est parti d'un constat simple, il y a multiplication de gestionnaires graphiques des paquets ce qui nuit à l'utilisateur car d'une distribution à une autre la gestion des paquets diffère. Et on sait ce cette partie du système est une base importante qu'on utilise quasiment tous les jours ne serait-ce pour les mises à jour et l'intérêt d'interfaces différentes laisse à désirer (mais à bas niveau c'est une autre histoire). Donc PackageKit doit offrir à tous les gestionnaires de paquets les mêmes options et la même interface comme Yum, APT/APTitude, Smart, etc. et ce pour n'importe quelle distribution.

Une progression constante et une adoption progressive

PackageKit est un projet qui sort des versions depuis près d'un an seulement, et les progrés sont exemplaires. On atteint la version 0.3.10 au rythme d'une version toutes les 1 à 2 semaines. Et son succès commence à se répandre. En effet en mai Fedora 9 l'intègre par défaut et le mois suivant OpenSUSE suit la danse. En septembre Mandriva l'intègre peu à peu dans sa version 2008.1. Cette adoption progressive permet d'intensifier le développement et le support des gestionnaires des paquets de chaque distribution, et ça commence à porter ses fruits. En mai, la 1ère version de Fedora 9 (la 0.1.13 de souvenir) était inutilisable au quotidien sauf pour les mises à jour : il ne gère qu'un paquet à la fois, lent, peu puissant... Aujourd'hui il commence à rivaliser parmi les plus grands en seulement quelques mois et devient à vrai régal au quotidien.

Des fonctionnalités nouvelles et intéressantes

PackageKit commence à révolutionner la gestion des paquets d'une distribution. Commençons par les mises à jour.

  • La possibilité de savoir quelle est le type de mise à jour via une icône et une séparation des paquets par type : mise à jour de sécurité, corrections de bogues, de nouvelles fonctionnalités ou mise à jour classique, etc. Ainsi on sait déjà ce qu'apporte la mise à jour et ce qu'on peut attendre de chaque paquet.
  • La vérification des mises à jour personnalisables (par heure, jour, semaines ou mois) avec possibilité d'installer le tout automatiquement ou seulement les mises à jour de sécurité. Et évidemment selon l'état de la batterie de votre portable il effectuera ou non la mise à jour (car une mise à jour coupé pendant la phase d'installation n'est pas recommandée).

Mais maintenant la gestion des paquets à installer ou supprimer :

  • La possibilité de filtrer les paquets selon la licence (libre ou pas), selon la présence ou non d'interface graphique ou encore de paquets de développements ou pour les utilisateurs normaux. Sans oublier la possibilité de n'afficher que les derniers paquets ajoutés dans la liste.
  • Pouvoir virer l'ensemble des paquets qu'on a ajouté dans la liste des choses à ajouter ou enlever.
  • À la fin de l'installation on vous propose de sélectionner des paquets de pouvoir les lancer directement à la fin. Plus besoin de chercher dans les menus le nouveau logiciel installé que vous désirez.
  • Affichage des icônes de l'application à côté du paquet ce qui permet de vérifier si c'est la bonne application ou de savoir ce qu'il fait sans lire la description...
  • La présence d'un historique des mises à jour ou installation/suppression des paquets ce qui est pratique pour savoir la date de la dernière mise à jour ou de vérifier les paquets responsables de votre dernier bogue.
  • Support de PolicyKit, plus besoin de taper le mot de passe root pour une simple mise à jour...

Quelques manques assez gênants

Malgré toutes ces améliorations ou possibilités que l'on voit rarement dans une interface graphique, il y a des manques mais sans doute imputable à la jeunesse du projet.

  • Impossibilité de savoir si cette mise à jour nécessite un redémarrage pour l'appliquer correctement (comme celui du noyau Linux) et ne propose pas de redémarrage même s'il y a besoin à la fin.
  • On ne peut pas tout ajouter ou tout enlever dans la liste des paquets visibles (pour les mises à jour ou l'installation après une recherche de paquets).
  • Pas d'ajout ou suppression de dépôts possible, juste l'activation ou désactivation des dépôts le sont.
  • Encore un peu lent pour actualiser la liste des paquets.
  • L'intégration de KDE bien qu'à son balbutiement reste peu aboutie pour le moment, l'écart avec la version GTK est assez conséquente.

Conclusion

Même si on peut regretter certaines choses, le support de Yum est bon, le progrès du projet est rapide et suffisamment abouti pour remplacer sans problème un Yumex en perte de vitesse. On peut regretter que Ubuntu et Debian n'annoncent rien en ce qui concerne une possible adoption dans l'année 2009 ce qui serait un pas important en avant pour le projet. Vous pouvez voir l'évolution des fonctionnalités que PackageKit supporte pour chaque gestionnaire ici et vous pouvez dégoter quelques captures d'écran ici. En ce qui me concerne Yumex ne va servir qu'en cas de problèmes majeurs dorénavant, PackageKit a beaucoup murit. Pour ceux qui ont quelques réticences depuis leur dernier essai : essayez la 0.3.10 et vous serez probablement convaincus de son évolution.